Le sport africain a quitté le statut de pourvoyeur de talents pour entrer dans celui d’industrie en construction. La CAN 2025 au Maroc n’a pas seulement rythmé l’actualité sportive. Elle a matérialisé un basculement économique où capitaux privés, figures historiques du football et diaspora structurent désormais une chaîne de valeur pensée sur le long terme.
L’économie mondiale du sport pèse plus de 600 milliards de dollars, et l’Afrique s’y affirme désormais comme un marché en expansion rapide. Estimé entre 12 et 15 milliards de dollars en 2025, le secteur sportif africain vise plus de 20 milliards à l’horizon 2035, porté par les droits médias, les infrastructures, l’événementiel et la Sport-Tech. Des fonds spécialisés, dont Helios Sports, investissent massivement pour structurer gouvernance et actifs commerciaux. La Basketball Africa League, valorisée autour du milliard de dollars, illustre le potentiel de retombées économiques locales. En marge de la CAN, le Game Time Africa Summit des 15 et 16 janvier 2026 a posé les bases d’un dialogue direct entre investisseurs, institutions et acteurs de terrain pour accompagner cette montée en puissance.
“ Sous le baobab. Mais en fait, c’est l’endroit où les investisseurs rencontrent les entrepreneurs, les gens qui font bouger et évoluer l’écosystème du sport. Ils sont créatifs en sport avec par exemple, et ils ont des idées fabuleuses. Ils ont de la capacité, mais ils ont juste besoin d’un coup de pouce au niveau du capital financier, bien entendu, pour passer à l’échelle et passer au niveau supérieur. C’est pour ça qu’on a décidé de ramener ces investisseurs qui cherchent des destinations d’investissement fiables, rentables, durables. Et c’est la nature du baobab, ce qu’on a appelé sous le baobab. La dile Room, si vous voulez du Game Time Africa Summit .“
Will Mbiakop, Promoteur du Game Time Africa Summit – Cameroun
Autre mutation nette : les légendes du sport sont devenues des investisseurs. Des académies comme Diambars ou Right to Dream, cédée pour plus de 100 millions de dollars, déploient des modèles rentables fondés sur l’éducation et la valorisation des talents. Le programme FIFA Forward a injecté 1,2 milliard de dollars en Afrique entre 2016 et 2026, convertissant les infrastructures en actifs économiques. Dernier levier, la diaspora, qui apporte capitaux et expertise. Au Maroc, des tickets de 150 000 à 300 000 dirhams soutiennent la Sport-Tech, tandis que le continent compte plus de 250 startups sportives, largement portées par des profils diasporiques.
“En venant deux jours ici grâce à Will Be. Tu comprends qu’en fait, l’Afrique ? Bien. C’est un continent où il faut investir. C’est fini avant les gens qui nous laver le cerveau de montrer cette image de pauvreté. Pourtant, j’ai deux orphelinats au Sénégal, plus de 400 enfants. Mais ça, pour moi, ce n’est pas un investissement. l’Afrique n’a pas besoin de pitié ou de continuer à nourrir cette image. L’Afrique a besoin de faire du business avec les gens. Sans les piliers, bien sûr. Parce que maintenant, on connaît l’histoire.”
PATRICE EVRA , Légende du football – Sénégal
La CAN 2025 a fait office de laboratoire : infrastructures modernisées, Fan Zones monétisées, sponsoring régional et contenus numériques adossés à la musique. Malgré des fragilités persistantes, la direction est assumée : le sport africain bascule vers une logique industrielle et capte davantage de capitaux privés. À Rabat, le Game Time Africa Summit a confirmé cette dynamique en réunissant décideurs du sport et de la finance autour des droits médias, de la propriété des clubs et de l’e-sport. Le rendez-vous s’installe comme une plateforme annuelle panafricaine, avec l’objectif de bâtir une industrie sportive africaine structurée et économiquement souveraine.