C’est une première historique dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations. Les demi-finales de la CAN Maroc 2025 opposeront quatre sélections dirigées exclusivement par des entraîneurs africains. Une consécration pour l’expertise locale, longtemps reléguée au second plan.
Quatre nations, quatre entraîneurs africains et une certitude : le futur champion d’Afrique sera conduit par un technicien du continent. Le Maroc de Walid Regragui, l’Égypte d’Hossam Hassan, le Sénégal de Pape Thiaw et le Nigeria d’Éric Chelle composent un dernier carré inédit depuis la création de la compétition.
« Depuis la création de la CAF et même de cette compétition, on n’avait jamais connu un tableau pareil, où on retrouvait quatre techniciens africains en demi-finale d’une Coupe d’Afrique des Nations. C’est la preuve que certaines fédérations commencent à comprendre certains enjeux, de nationaliser, et c’est aussi bien parce que ces nationaux donnent du résultat. »
MICHEL ATEBA, Journaliste sportif – Cameroun
Un tournant salué par la Confédération africaine de football, qui y voit l’aboutissement d’années de formation et de professionnalisation des entraîneurs africains. Une dynamique déjà perceptible lors des dernières éditions, avec les sacres de Djamel Belmadi en 2019, d’Aliou Cissé en 2021 et d’Emerse Faé en 2023.
« C’est les techniciens qui ont d’abord roulé leur bosse, et qui sont revenus redonner ce que le football africain leur a donné. Pour moi, je salue avec la plus grande énergie cette prouesse. Mon souhait maintenant, c’est qu’on retrouve aussi, pourquoi pas un jour, un entraîneur africain, technicien, au niveau du banc des touches, d’une équipe, d’une sélection en Europe. »
MICHEL ATEBA, Journaliste sportif – Cameroun
Les chiffres confirment cette tendance : sur les 24 équipes engagées à la CAN 2025, 15 étaient dirigées par des entraîneurs africains. 11 ont franchi la phase de groupes et les techniciens locaux affichent un taux de victoire de 75 % depuis le début du tournoi. Mais au-delà des statistiques, ces entraîneurs ont su imposer une véritable identité de jeu. Proximité culturelle, discipline collective, lecture tactique et gestion efficace des stars comme Salah, Mané ou Hakimi ont fait la différence.
« Vous savez depuis l’arrivée du docteur Patrice Motsepe, il ne lésine pas sur le moyen au niveau de la formation. Donc les fédérations travaillent en synergie avec la Confédération africaine de football pour davantage continuer, n’est-ce pas, à faire bénéficier leurs techniciens de formation. »
MICHEL ATEBA, Journaliste sportif – Cameroun
À l’aube des demi-finales, un constat s’impose : les entraîneurs africains ont pris le pouvoir. Quel que soit le vainqueur de la CAN Maroc 2025, ce sera aussi la victoire d’un football africain qui croit enfin en ses propres compétences.